Gouverner par les émotions : Donald Trump et la politique de la fierté
Dans cet entretien, Arlie Russell Hochschild est invitée à revenir sur son ouvrage Stolen Pride: Loss, Shame, and the Rise of the Right. Cet entretien a été l’occasion pour A. R. Hochschild de clarifier la façon dont se constitue, selon elle, l’« économie émotionnelle » dont bénéficie l’idéologie d’extrême droite : relève-t-elle d’affects diffus, déjà constitués dans l’expérience sociale ordinaire, ou d’un travail politique par lequel ces affects sont façonnés et politisés en identification partisane ? A. R. Hochschild insiste sur cette seconde hypothèse. Les transformations matérielles liées à la crise économique ont bien produit les conditions d’une demande de revalorisation, dans un contexte de précarisation intense. Mais Donald Trump apparaît comme l’acteur qui transforme cette demande en ressource politique. En désignant des responsables à leur humiliation, Trump convertit la honte en blâme et promet aux électeurs de les relever symboliquement, au moyen, entre autres, d’une politique de désignation des ennemis intérieurs. L’entretien a également permis à A. R. Hochschild de répondre à des critiques adressées à son travail, notamment sur la place accordée aux rapports de domination raciale, aux trajectoires genrées du vote trumpiste et au rôle de l’empathie dans sa démarche sociologique.
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- sociologie électorale
- sociologie des émotions
- Arlie Hochschild
