« Je suis pas médecin, mais… ». Les orthophonistes et l’autorité (para)médicale entre appropriations et résistances
Travaillant sur prescription et sous contrôle médical, les orthophonistes constituent une profession paramédicale méconnue et un cas exemplaire pour questionner les circulations de l’autorité médicale au sein des professionnel·les de la santé. Cet article interroge la manière dont les orthophonistes s’approprient certaines pratiques et représentations constitutives de l’autorité des médecins, tout en résistant au contraire vis-à-vis de certaines de ses dimensions qu’elles entreprennent de mettre à distance. Comment les discours et pratiques qui constituent la chair de l’autorité médicale font-ils l’objet de (ré)appropriations dans les cabinets d’orthophonie ? Fondée sur une enquête ethnographique auprès d’orthophonistes, de bègues et de leurs familles, l’analyse révèle ce que les modalités concrètes d’exercice de l’autorité de ces professionnelles doivent à leur place dans la division du travail de soin, mais aussi dans les rapports sociaux de genre et de classe. Après avoir examiné comment les orthophonistes s’approprient certaines formes genrées de l’autorité médicale, historiquement et socialement construite à partir de normes masculines, l’article montre dans quelle mesure leur manière d’en imposer reste respectueuse de l’ordre du genre et des frontières de classe.
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