Les préfet·es sont-iels encore des gouverneurs coloniaux ? « Passages » et « carrières » dans les Outre-mer au sein de la préfectorale (1970-2022)

Par Clémence Léobal, Marine Haddad, Francis Sanseigne
Français

Cet article porte sur la place des prises de poste dans les départements, collectivités et territoires d’Outre-mer dans les carrières de préfet·es ou de sous-préfet·es. Nous analysons la distribution actuelle de ces postes au sein du corps et des carrières. S’agit-il d’une expérience ponctuelle ou d’une spécialisation ? Quels sont les éventuels effets de ces postes sur le déroulement des carrières ? Quels sont les profils des préfet·es ou sous-préfet·es exerçant dans ces territoires ? Pour notre analyse, nous articulons analyse quantitative de données administratives et analyse qualitative d’un corpus d’entretiens. Nous montrons que ces expériences sont à la fois relativement banales, mais rares au sein de carrières dont le déroulé reste centré autour du référent métropolitain. Elles ne confèrent pas automatiquement de bénéfices ou de désavantages, à moins d’un investissement spécifique par les haut·es fonctionnaires. En dépit de la reconfiguration des statuts et des modes d’administration que ces territoires ont connue depuis la départementalisation de 1946, des continuités avec l’époque coloniale de la IIIe République subsistent dans les distinctions de profils recrutés pour ces ex-colonies et dans la manière d’envisager ces fonctions, tant du point de vue des (sous-)préfet·es et que celui de l’institution préfectorale.

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