« Voilà comment je rompis, d’un seul coup, avec la religion. »
Cet article interroge les interdépendances religieuses et politiques dans le monde juif communiste yiddishophone de France au XXe siècle. Il mobilise principalement deux types de sources, qui offrent deux points de vue sur le sujet. D’abord, des autobiographies militantes écrites a posteriori par des militants ou anciens militants qui reviennent sur leur passage du judaïsme au communisme et insistent sur leur rupture avec la religion. Ensuite, des archives associatives et politiques permettent d’aborder la persistance de discours, vocabulaire, références religieuses dans un cadre collectif, militant et public. Si la religion et ses représentants sont souvent présentés comme des repoussoirs, ils restent présents dans les discours juifs communistes et sont même parfois intégrés à des rituels, notamment les commémorations. En conclusion, un troisième type de source est mentionné : à travers des entretiens avec des enfants de militants, un prolongement pourrait consister à étudier la persistance d’habitudes et de pratiques religieuses dans la sphère privée et familiale. Il s’agirait, en mobilisant ces sources, de chercher à contourner les limites propres aux deux types de sources précédentes, à savoir le discours militant et public qui implique souvent une posture de rupture vis-à-vis de la religion.
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