Rester malgré tout ? L’appartenance catholique à l’épreuve de la pédocriminalité cléricale entre socialisation perturbée et attachement paradoxal
Cet article analyse la reconfiguration des liens à l’institution et à l’identité catholique chez les victimes de pédocriminalité cléricale, dans le contexte de la création de la « Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église » (CIASE). Instaurée par l’Église pour « faire la lumière » sur ces violences, la CIASE marque un tournant dans leur reconnaissance publique. La révélation de ces « abus », longtemps occultés, a alimenté une méfiance croissante à l’égard de l’Église, perceptible notamment à travers l’augmentation des demandes de débaptisation et la baisse des dons des fidèles dans plusieurs pays occidentaux. Toutefois, les témoignages recueillis dans le cadre des travaux de la commission révèlent que, malgré cette défiance, nombre de victimes, devenues adultes, continuent de formuler des attentes à l’égard d’une institution pourtant perçue comme défaillante. Lorsqu’elles ne se sont pas entièrement désaffiliées, certaines maintiennent également une forme d’appartenance, ajustant leurs croyances, leur identification au catholicisme et leur engagement ecclésial. Enfin, certains récits témoignent d’un sur-engagement militant en faveur d’une réforme interne, traduisant un attachement qui peut sembler paradoxal malgré les souffrances endurées.
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