Classe et histoire environnementale. Les leçons de la « guerre des Adirondacks »

Par Karl Jacoby
Français

Cet article (publié à l’origine en anglais dans la revue Environmental History en 1997) s’appuie sur le conflit qui a eu lieu au début des années 1900 dans le parc d’État d’Adirondack, dans le nord de l’État de New York, pour encourager les historiens de l’environnement à accorder davantage d’attention à la classe sociale en tant que catégorie d’analyse. Les premiers historiens de l’environnement avaient tendance à négliger la classe sociale pour deux raisons : ils étaient enclins à considérer les êtres humains comme un tout indifférencié (une tendance importée des sciences) et ils acceptaient sans critique l’idée que les premiers écologistes, issus de l’élite, se considéraient comme les sauveurs de l’environnement. Les troubles sociaux qui ont éclaté au début du XXe siècle – fusillades, incendies criminels, destruction de clôtures, etc. – que beaucoup à l’époque ont qualifiés de « guerre dans les Adirondacks », appellent une dénaturalisation de la catégorie même de la nature afin de révéler la lutte des classes inhérente à ce qui semble être les paysages les plus « sauvages » et « naturels ».

  • histoire environnementale
  • politiques de conservation
  • protestation sociale
  • écologie
  • relations de classe
Voir l'article sur Cairn.info