Les déchets, la carotte et le bâton : la politisation duale des ordures à Roubaix
À partir du dépouillement des archives municipales de Roubaix, d’observations et d’entretiens, l’article montre comment la mise en place de la politique zéro déchet à partir de 2014, par une mairie de droite, a progressivement conduit à scinder en deux la politisation des déchets. D’une part, le zéro déchet, politique largement basée sur la sensibilisation et présentée comme une « écologie souriante », cible plus ou moins implicitement les classes moyennes et supérieures blanches, dans le prolongement des politiques de gentrification antérieures. D’autre part, la politique de propreté qui vise les quartiers où vivent essentiellement les classes populaires non blanches prend un tournant répressif et contribue à justifier le déploiement d’une politique sécuritaire. Le rapport présumé aux déchets et aux enjeux environnementaux construit une hiérarchie écologico-morale qui vient justifier des modes de gouvernement des conduites socialement et racialement différenciés.
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