Les limites de l’État face aux plateformes. La régulation des contenus en ligne comme travail de frontière

Par Anne Bellon
Français

La lutte contre la haine en ligne et les fausses informations a complètement transformé le rapport entre États et plateformes, intensifiant les coopérations autant que les conflits entre acteurs publics et privés autour de ces enjeux saillants. La régulation des contenus pose ainsi la question des pouvoirs de l’État face aux grandes multinationales du net qui semblent contrôler notre espace public en ligne. Sont-elles devenues de nouveaux censeurs à la mesure des gouvernements ? Et que peuvent réellement faire les États pour préserver un pouvoir d’action sur le Web ? Dans cet article, nous proposons de mobiliser les travaux de Timothy Mitchell pour penser ces « limites de l’État » face aux plateformes. Ils invitent à investir par l’enquête le lieu même d’une frontière qui peut paraître de plus en plus floue entre acteurs publics et privés pour penser la manière dont elle s’érige et se maintient malgré l’avènement d’une régulation négociée. L’article démontre finalement le maintien d’un rôle de l’État comme banque symbolique accréditant la modération exercée par les plateformes pour maintenir la confiance dans l’espace public en ligne.

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