Racialisation et action publique : les intermédiaires entre appropriation et contestation des catégories ethniques et raciales

Dossier : Racialisation et action publique
Par Doris Buu-Sao, Clémence Léobal
Comment visibiliser le rôle des institutions étatiques, y compris quand elles sont républicaines et color-blind, dans la production des catégorisations raciales ? Comment rendre compte des capacités créatrices voire contestatrices des personnes et groupes minorisé·es dans ces processus ? Dans cette introduction de dossier, nous déplions les liens entre action publique et racialisation : nous nous appuyons sur des définitions constructivistes des concepts de racialisation et de racisme institutionnel, qui allient l’analyse des structures discursives du racisme avec celle de leurs reformulations constantes, en situation, lors des interactions entre personnes minorisées et issu.es des majorités. Puis nous proposons une revue de littérature de travaux francophones qui ont abordé la question raciale en sociologie de l’action publique. Beaucoup de ces auteur·rices mobilisent la notion de discrimination et proposent une démonstration statistique. Nous nous référons ici plutôt à la racialisation comme un processus de catégorisation façonné par des rapports de pouvoir entre majorité et minorités, qu’il contribue à transformer en retour. Notre approche est étayée par l’ethnographie. Nous avons choisi un positionnement particulier pour ce dossier, auprès d’intermédiaires entre l’État et les publics minorisés racialement. Ce choix permet d’ouvrir le regard sur les capacités des personnes minorisées à co-produire, reformuler ou contester l’ordre social raciste.
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