Les discussions font-elles les votes ?

Varia
Conditions, usages et effets des conversations lors des élections françaises de 2017
Par Éric Agrikoliansky, Lorenzo Barrault-Stella, Clémentine Berjaud, Diane Delacourt, Kevin Geay, Christèle Lagier, Patrick Lehingue, Emmanuel Monneau
Cet article revisite la question de l’effet des conversations politiques sur les choix électoraux, qui tient aujourd’hui une place importante dans les approches contextuelles du vote. Il se fonde sur une enquête par questionnaires et par entretiens approfondis menée durant les élections françaises de 2017 (la présidentielle et les législatives). L’enquête montre que l’hypothèse d’une fonction délibérative des conversations en période électorale est peu réaliste ; et ce d’autant moins que les conversations ne sont appréhendées que par leurs contenus « politiques ». Si les conversations ont des effets, ceux-ci ne peuvent se saisir qu’à l’aune des ancrages sociaux qui définissent non seulement la possibilité des conversations politiques, mais aussi le sens que les électeurs confèrent à ces dernières. L’article montre que ce qui circule dans les conversations en période préélectorale, ce sont moins des informations politiques permettant aux électeurs de se décider que des normes et des identifications partisanes et sociopolitiques qui confèrent à l’acte de vote une dimension collective déterminante.
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