La relation philanthropique, un rapport de domination ?

Dossier : Entreprises philanthropiques
Le cas des Amis Américains des institutions culturelles françaises
Par Anne Monier
La levée de fonds à des fins philanthropiques repose sur un important travail relationnel. La professionnalisation du secteur s’est accompagnée d’une rationalisation de cette activité dans le but d’améliorer l’efficacité des collectes de fonds. La cultivation est l’une des techniques qui participent de ce processus. Elle vise à établir une relation personnelle avec le mécène afin de l’amener à s’engager ou à s’engager plus. Cet article analyse la relation philanthropique qui unit donateur et récipiendaire dans le cadre des relations de face-à-face qui se nouent au cours de ce travail de cultivation à la lumière de la sociologie de la domination. Il s’appuie sur l’étude d’une forme particulière de philanthropie, celle des associations d’American Friends des institutions culturelles françaises (American Friends of the Louvre, American Friends of Versailles, etc.). Les American Friends sont des associations américaines bénéficiant du statut de 501(c)(3) du Code fiscal américain, qui permettent aux mécènes américains de faire des dons défiscalisés à des institutions étrangères. L’analyse repose sur une recherche qualitative menée en France et aux États-Unis et fondée sur des observations, des entretiens, des documents et des archives.
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