Chercher son modèle et trouver son double ?

Dossier : France/Québec : (se) comparer
Les usages de l’exemple québécois/canadien dans la conception des réformes pénales et pénitentiaires françaises depuis les années 2000
Par Jean Bérard, Gilles Chantraine
L’article analyse les sens donnés depuis le début des années 2000 à la référence au modèle constitué par le système pénal canadien. D’abord, dans les années 2000, l’articulation, dans le modèle pénitentiaire canadien, de reconnaissance des droits, d’évaluation des risques et de classification des prisonniers apparaît aux réformateurs français comme une réponse aux injonctions contradictoires qui leur sont adressées, entre la nécessité d’améliorer la condition pénitentiaire et celle de gérer une inflation carcérale résultant de politiques sécuritaires. Ensuite, après l’alternance de 2012, le modèle canadien est de nouveau mobilisé sur la base des « savoirs experts » qu’il produit en matière d’évaluation des sanctions pénales, cette fois pour promouvoir de nouvelles mesures alternatives à l’incarcération. Mais cette référence se heurte à la politisation intense de la thématique de l’insécurité. Sur ce point, le Canada est moins un modèle lointain qu’un pays traversé par des tensions très comparables autour de la définition des politiques pénales et pénitentiaires.
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