Les ambivalences du commun : le politique entre la communauté nationale et la communauté locale (diocèse de Nantes, 1790-1792)

Dossier : Politiques du commun (XVIe-XIXe siècles)
Par Déborah Cohen
Le terme de « politique » est un label qui est aussi un enjeu des luttes : les épisodes de la Révolution française, et en particulier celui de l’insurrection vendéenne ont été, plus que d’autres peut-être, les objets d’une telle lutte ; les uns faisant des Vendéens les parangons de la contre-révolution politique, les autres ne voyant dans leur mouvement qu’une résistance de brutes primitives et locales. Par une approche ethno-historique qui observe de près les acteurs en amont des moments les plus intenses du conflit, l’article montre que ces labellisations apparemment contradictoires ne sont possibles que parce qu’elles ont un même enjeu en partage, celui des formes du vivre en commun. C’est l’ambivalence de ce commun qui permet de l’exprimer sous des modalités affrontées et incompatibles – spécifiques et universalisantes dans un cas, indigènes ou populaires et locales dans l’autre. Ces dernières formes pourront par ailleurs connaître des trajectoires de spécification, témoignant paradoxalement de la victoire conceptuelle des révolutionnaires et de leur définition du politique.
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