Le vigilantisme numérique, entre dénonciation et sanction

Dossier : Justiciers hors-la-loi
Auto-justice en ligne et agencements de la visibilité
Par Benjamin Loveluck
Le Web est souvent le théâtre de dénonciations publiques suscitées par une forte indignation. Ces actions revêtent parfois un caractère punitif, qui les inscrit dans le champ du vigilantisme numérique. Il s’agit en effet non seulement d’alerter les autorités ou l’opinion publique, mais également de « se faire justice soi-même » en engageant des formes actives de surveillance, de répression ou de dissuasion ciblées, qui passent avant tout par un surcroît d’attention non sollicitée ou de publicité négative. Cet article vise d’abord à identifier les différentes modalités de l’auto-justice en ligne. À partir d’un ensemble d’études de cas, il s’intéresse aux types de pratiques en jeu, à l’agencement des rôles au sein de chaque situation et, enfin, aux justifications mobilisées par les acteurs, qui permettent de dégager quatre dimensions principales du vigilantisme en ligne : le signalement, l’enquête, la traque et la dénonciation organisée. L’article montre également comment l’espace public numérique, en vertu de ses spécificités comme régime de visibilité d’une part et de sa propension à l’auto-organisation d’autre part, peut être saisi comme lieu d’un procès collectif et éventuellement comme instrument de coercition directe.
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