« Vigilar y Limpiar ». Identification et auto-justice dans le Michoacán, Mexique

Dossier : Justiciers hors-la-loi
Par Romain Le Cour Grandmaison
Dans un cadre temporel relativement restreint (2013-2015), les Autodéfenses du Michoacán constituent un cas d’étude particulièrement riche pour l’analyse du vigilantisme. On se trouve en effet ici en présence d’un mouvement armé voué à la (re)création d’un ordre local à travers des pratiques d’enquête, d’auto-justice et de classement du monde social. Au-delà de ce qu’il révèle du vigilantisme comme procédure « judiciaire » et comme désir de retour à l’intime (celui de l’interconnaissance familiale et villageoise, ici), l’exemple des Autodéfenses suggère que les vigilantes n’ont pas nécessairement vocation à éradiquer le crime et peuvent se contenter de l’encadrer, notamment en le rendant plus lisible localement. Redresseurs de torts autant qu’opérateurs de lisibilité, les vigilantes sont engagés dans d’intenses luttes d’identification et de classement. Bien souvent, leurs tentatives de remise en ordre sont cependant porteuses de nouveaux désordres et de nouveaux brouillages. C’est ce que démontrent les apories du modèle sécuritaire porté par les Autodéfenses.
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