Violence du quotidien et vigilantisme féminin dans les bidonvilles de Bombay

Dossier : Justiciers hors-la-loi
Par Atreyee Sen
Cet article est consacré à l’émergence d’un vigilantisme féminin dans le sillage du parti nationaliste hindou Shiv Sena. Fondé et animé par des femmes pauvres issues des bidonvilles de Bombay, le Mahila Aghadi (Front des femmes) pose un défi aux analyses genrées des mobilisations, dans la mesure où il ne s’agit ni d’un mouvement féministe à proprement parler ni d’un simple faire-valoir pour un mouvement masculiniste. La popularité de ce groupe n’est pas uniquement due à son implication dans la défense du nationalisme hindou et à son hostilité violente à l’égard des communautés musulmanes. Elle est tout autant liée à la protection, aux rétributions, à la sécurité économique et matérielle qu’il fournit à des femmes désireuses de renforcer leur autonomie dans la sphère privée, au travail et dans l’espace public. Prenant la forme d’une justice immédiate, souvent violente, cette forme de vigilantisme cible donc à la fois l’Autre musulman et les hommes aux comportements déviants ou prédateurs. Bien que la Shiv Sena soit un mouvement xénophobe et réactionnaire, celui-ci offre aux femmes un espace pour façonner des discours et des pratiques d’émancipation.
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