La culture du pauvre : un classique revisité

Dossier : Mobilités sociales
Hoggart, les classes populaires et la mobilité sociale
Par Paul Pasquali, Olivier Schwartz
Depuis sa parution en France en 1970, La culture du pauvre a marqué plusieurs générations de sociologues, politistes et historiens. Ses analyses des styles de vie populaires et des expériences des « boursiers » influencent toujours les études françaises des mobilités sociales et des rapports de classe. Paradoxalement, elles n’ont guère fait l’objet en France de débats ou de revisites. Fondé sur des enquêtes récentes et des sources empiriques variées, pour certaines inédites, cet article vise à répondre aux questions suivantes : comment cet ouvrage est-il devenu un « classique » des sciences sociales françaises ? Quels chantiers a-t-il ouverts ou, au contraire, négligés ? Enfin, et surtout, quelle pertinence conserve-t-il pour la société française contemporaine ? En proposant à la fois un détour par l’histoire d’une importation intellectuelle, un retour aux textes et des pistes d’actualisation, il s’agit d’inviter à des usages plus distanciés et mieux armés des analyses hoggartiennes. Cette revisite entend ainsi contribuer à déroutiniser le rapport à Hoggart, en insistant notamment sur la portée et les limites de deux aspects de son livre qui sont encore aujourd’hui souvent utilisés : la structure « eux »/« nous » et l’expérience des « déclassés par le haut ».
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