La cause des catastrophes

Dossier : Sociologie politique des sciences
Concurrences scientifiques et actions politiques dans un monde transnational
Par Lydie Cabane, Sandrine Revet
Les catastrophes dites « naturelles » (séismes, ouragans, tsunamis, éruptions volcaniques, inondations...) ont longtemps été et sont encore aujourd’hui, pour la plupart, analysées par les sciences de la terre et sciences de l’ingénieur. Au cours du XXe siècle, elles sont également devenues un objet de recherche pour les sciences sociales, déplaçant par la même occasion l’objet d’investigation et d’intervention sur les catastrophes, en les rendant moins « naturelles » et plus « sociales ». Cette concurrence des savoirs, entre sciences de la terre et sciences sociales, a accompagné la mise à l’agenda politique international des catastrophes depuis les années 1970. Au travers d’une comparaison dans le temps et à l’échelle transnationale, l’article s’intéresse à la façon dont ces déplacements et frictions scientifiques ont participé de transformations politiques globales de la Guerre froide à la période actuelle, entre enjeux de sécurité, d’environnement et de développement. L’article montre comment la distribution sociale des disciplines est indissociable de reconfigurations politiques qui promeuvent, adoptent ou rejettent certaines approches au détriment d’autres. Plus généralement, l’enjeu est de mettre en perspective l’inscription politique des savoirs dans des configurations globales au regard de leurs concurrences.
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