Grandeurs de l’écologie

Dossier : Sociologie politique des sciences
D’un écotron à l’autre
Par Céline Granjou
Cet article contribue à explorer les revendications contemporaines de statut et d’importance de l’écologie à partir du cas des grandes infrastructures expérimentales de recherche que sont les écotrons. On s’appuie sur une enquête empirique réalisée autour des deux écotrons français construits à la fin des années 2000 et sur leur comparaison avec l’écotron construit à Londres au début des années 1990. On montre que l’agenda des recherches en écotrons combine l’inscription de l’écologie dans un registre classique de grandeur par la « dureté » sur le modèle de la physique, avec l’affirmation d’un registre de grandeur par la « pertinence » sur le modèle des sciences du climat. Dans les écotrons, l’utilisation des scénarios climatiques et l’attention portée au rôle fonctionnel des micro-organismes concourent en particulier à négocier la grandeur de l’écologie en termes d’anticipation du changement global et d’optimisation des fonctions et services des écosystèmes. On pointe finalement comment, d’un écotron à l’autre, l’économie des grandeurs scientifiques se trouve renégociée à distance des questions de conservation des espèces et de la biodiversité, au profit d’un horizon de sécurisation des écosystèmes et des services qu’ils rendent aux sociétés.
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