Queer Hoover ?

Dossier  : « Politiques sexuelles »
Sexe, mensonges et histoire politique
Par Claire Potter
À quoi peut ressembler une histoire de la sexualité lorsqu’on n’a pas de certitude sur les identités sexuelles en jeu ni de preuves que des actes sexuels aient effectivement eu lieu ? Et comment une analyse des ragots, des rumeurs, voire des mensonges, à propos de la sexualité, peut-elle servir à l’écriture de l’histoire politique ? Telles sont les questions méthodologiques et épistémologiques qu’aborde cet article, véritable manifeste pour une histoire queer de la vie politique américaine. À partir des rumeurs colportées sur la vie privée de John Edgar Hoover, il interpelle les historien.nes politiques sur les usages et non-usages des ragots en politique et sur ce qu’ils nous apprennent des représentations de la sexualité à un moment donné de l’histoire américaine. Dans un second temps, à partir des travaux classiques sur l’histoire du FBI, l’article s’efforce de définir ce que pourrait être une histoire qui s’affranchit des catégories de genre, et adopte sur son objet une approche queer. Cet article publié dans la section « méthodologie » du Journal of History of Sexuality en 2006 a été récompensé par le prix Audre Lord du meilleur article par le Committee on Lesbian and Gay History, l’un des comités de l’American Historical Association.
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