La politisation ordinaire d'une population extra-ordinaire : les électeurs des « beaux quartiers » en campagne électorale (2006-2008)

Dossier  : Mobilisations conservatrices
Par Éric Agrikoliansky
À partir d’une série d’enquêtes menées entre 2006 et 2008 dans le 16e arrondissement de Paris, cet article s’intéresse aux comportements politiques des fractions des classes supérieures caractérisées par l’importance du capital économique, le statut d’indépendant et la pratique de la religion. Il s’agit en particulier de tester l’hypothèse d’une forte politisation de cette bourgeoisie, fondée sur un haut degré de sophistication politique. Les résultats de ces enquêtes montrent qu’une telle hypothèse mérite d’être nuancée. D’abord parce que la compétence que l’on postule chez ces électeurs est souvent bien plus faible en pratique qu’ils ne le revendiquent en théorie. Ensuite, parce que loin de posséder des capacités hors de l’ordinaire, ils raisonnent, comme les autres, à l’aide de raccourcis et de simplifications. Évitant le débat politique plutôt qu’ils ne le recherchent, ils se révèlent particulièrement sensibles aux logiques collectives qui sont au principe de la production des opinions, pour eux comme pour les autres.
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