Frapper aux portes pour gagner les élections ?

Varia
Ethnographie de la campagne présidentielle socialiste dans deux villes du Nord de la France
Par Julien Talpin, Romain Belkacem
Le porte-à-porte a connu un développement important au cours de la dernière décennie, d’abord aux États-Unis puis en France, ayant été présenté, et légitimé scientifiquement, comme la technique de mobilisation électorale la plus efficace. À partir d’une étude ethnographique dans deux villes du Nord de la France, nous avons suivi le travail militant de deux sections socialistes lors de la campagne présidentielle de 2012. Après avoir souligné les difficultés de la réception locale d’une injonction au démarchage électoral personnalisé venu de l’appareil socialiste, nous analysons les ressorts de cette situation politique extraordinaire. Loin de la rationalisation annoncée, les interactions observées se sont avérées le plus souvent superficielles. Nous dégageons plusieurs types de situations, et interrogeons les conditions sociales et politiques d’enclenchement de discussions sur les pas-de-porte. À cet égard, la pratique s’avère très différente quand elle met en situation de coprésence habitants et élus plutôt que de simples militants, le rappel à l’ordre électoral cédant le pas à une relation clientéliste. Au regard de ces résultats, nous mettons en doute les effets électoraux jusqu’alors repérés par les recherches expérimentales. Si influence il y a, elle relève davantage du symbolique que des conséquences directes des interactions observées.
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