« Le riche désarmé est la récompense du soldat pauvre »

Dossier : Mise en ordre de l'économie
Machiavel et le régime financier de l'ordre politique
Par Jérémie Barthas
Le Prince de Machiavel a cinq cents ans cette année. Reconnu par la science politique comme un des textes fondateurs de la discipline, elle s’en est distancée en reprochant à son auteur de n’offrir que des vues superficielles sur les rapports entre la société, l’État et les institutions. Conçu dans une perspective de synthèse de certaines avancées récentes des recherches sur Machiavel, cet article se propose d’éclairer l’un des concepts fondamentaux du Prince, celui de « peuples en armes », à partir de l’expérience du secrétaire florentin et de la crise financière qui minait la République du Grand Conseil autour de 1500. Croisant histoire des idées politiques et sociologie économique et politique, il insiste sur la tension entre développement d’institutions à caractère démocratique et les formes prises par la dette publique, et montre comment le projet machiavélien d’une conscription de masse sapait le système articulant armées mercenaires et crédit public sur lequel les élites financières florentines avaient construit leur hégémonie politique et économique. Procédant d’une mise en ordre des rapports entre dette financière et souveraineté politique, le concept machiavélien de « peuple en armes » visait à établir les conditions de l’autonomie de la République à l’égard du pouvoir de la finance.
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