Un lieu d'exception ?

Dossier  : Ni guerre, ni paix
Retour sur le statut de la rétention administrative dans un contexte démocratique
Par Nicolas Fischer
En combinant une réflexion théorique et une perspective empirique, cette contribution se propose de réexaminer quelques-unes des analyses consacrées en sciences sociales au « camp » comme forme sociale, et la manière dont ces travaux définissent son rapport problématique à l’ordre politique. Elle s’ouvre sur un retour théorique sur la thèse de l’enclavement politique des camps : leur gestion est considérée comme relevant largement de « politiques policières », définies et mises en œuvre empiriquement, et qui échappent ainsi largement à toute forme de régulation politique et juridique. Si le camp constitue en ce sens un point aveugle de l’ordre politique démocratique, cette perspective est par la suite problématisée à partir de l’étude empirique du cas de la rétention administrative des étrangers en France. Dans ce cas particulier, la précarité et l’opacité originelles de l’enfermement ont été publiquement dénoncées, avec une double conséquence : l’institutionnalisation de la mesure, et son ancrage dans l’ordre juridico-politique à travers la mise en place d’un contrôle associatif assurant notamment la visibilité publique des conditions de rétention.
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