La « charte d'ishlah » signée après la tragédie de Tanjung Priok

Dossier  : Ni guerre, ni paix
Un exemple de « réconciliation » après la violence d'État en Indonésie contemporaine ?
Par Clotilde Riotor
Dix-sept années après la « tragédie de Tanjung Priok », qui fait référence à l’intervention sanglante de l’armée indonésienne lors d’une manifestation de « musulmans » dans ce quartier nord de Jakarta, une charte d’« ishlah » (« paix ») a été signée dans une mosquée, en 2001, à la fois par des gradés de l’armée et par une partie des victimes des événements. La charte a été rédigée alors que se précisait la perspective d’un jugement au pénal pour violations des droits de l’homme des militaires impliqués dans ces événements ; elle a entraîné la division des victimes et déclenché une controverse publique. Loin de décrire a priori cette tentative de règlement alternatif de conflit comme une forme de « réconciliation » après un cas de violence d’État, nous montrerons dans cet article que la notion de « réconciliation », en tant qu’élément du discours politique national, a été mobilisée à des fins stratégiques par une partie des signataires dans l’optique de légitimer la charte et de l’utiliser pour contourner la voie judiciaire.
Voir l'article sur Cairn.info