La guerre des préfets

Dossier  : Ni guerre, ni paix
Répression, clientélisme et illégalismes d'État dans l'entre-guerres tchadien
Par Marielle Debos
Si l’administration d’État est un objet classique des sciences sociales, il reste beaucoup à apprendre sur son fonctionnement dans les États gouvernés par la violence. L’article propose de saisir la formation et les pratiques de l’administration territoriale au Tchad. Comment l’État local gouverne-t-il l’entre-guerres, c’est-à-dire les espaces et temps marqués par un mode de gouvernement violent et où la prochaine guerre reste l’horizon d’attente ? L’article montre comment le clientélisme, les illégalismes d’État et la prédation (rendue possible par l’impunité octroyée à certains agents de l’administration) prolongent la guerre. La violence d’État est d’autant plus efficace qu’elle est associée à une forte emprise de l’État local sur la vie quotidienne des habitants. Le maintien d’une telle administration ne relève pas d’un simple dysfonctionnement, mais d’un mode de gouvernement historiquement situé. Au-delà du cas du Tchad, il s’agit de s’interroger sur la part des armes que des situations de stabilité ou de paix apparentes camouflent.
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