Sur la politisation des classes populaires périurbaines

Dossier  : Propriété et classes populaires
Trajectoires de promotion, recompositions des appartenances sociales et distance(s) vis-à-vis de la gauche
Par Violaine Girard
Une part importante des ménages d’ouvriers et d’employés résident aujourd’hui dans les territoires périurbains. Souvent décrits comme y subissant une relégation socio-spatiale, ces ménages se seraient convertis en nombre au vote Front national. À partir d’une enquête ethnographique, cet article montre que ces ménages appartiennent au contraire aux fractions stables ou en ascension des classes populaires et sont porteurs d’aspirations à la promotion sociale, par l’accès à la propriété ou la valorisation de qualifications techniques. Leurs attitudes politiques apparaissent alors façonnées par leurs dispositions sociales : ces périurbains issus des classes populaires, confrontés aux réorganisations de l’emploi industriel, sont portés à valoriser des formes de stabilisation économique plutôt qu’un modèle de réussite par les ressources culturelles. Autant de facteurs qui concourent, par-delà la diversité de leurs pratiques électorales, à la distanciation de nombre d’entre eux vis-à-vis d’une offre politique de gauche.
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