Propriété immobilière et autochtonie

Dossier  : Propriété et classes populaires
Les trajectoires immobilières, sociales et politiques d'un maçon breton et de ses descendant-e-s
Par Sibylle Gollac
Cet article mobilise la notion de capital d’autochtonie pour comprendre l’importance du patrimoine immobilier dans les stratégies collectives de reproduction sociale des descendants d’un maçon breton : la propriété immobilière acquise par autoconstruction, mise au service de l’entretien du capital social, constitue ici un dispositif privilégié de production de l’autochtonie et devient la pierre de touche d’une stratégie familiale de perpétuation du statut de la lignée dans l’espace local. En combinant cette monographie à l’analyse de données statistiques, on situe socialement la façon dont propriété immobilière et autochtonie s’articulent chez les Le Vennec : ancrage résidentiel et recours à l’autoconstruction sont liés à des types de ressources et de contraintes socialement situées, à la fois typiques des classes populaires et associées à des trajectoires sociales spécifiques. Mais il s’agit aussi d’interroger ce que les processus d’accumulation du capital d’autochtonie, parce qu’ils reposent aussi sur l’accumulation de biens immobiliers, font aux relations de parenté et en particulier aux rapports sociaux de sexe qui se jouent dans la famille : toutes et tous ne sont pas propriétaires, ne restent pas à proximité et ne tirent pas les mêmes profits, en particulier professionnels et politiques, du capital d’autochtonie familial.
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