Devenir propriétaire en cité HLM

Dossier  : Propriété et classes populaires
Petites promotions résidentielles et évolution des styles de vie dans un quartier populaire en rénovation
Par Pierre Gilbert
La différenciation croissante à l’intérieur des classes populaires se manifeste notamment par un clivage entre fractions précaires des cités HLM et fractions stables propriétaires des zones pavillonnaires. En promouvant l’accession à la propriété au cœur des cités, la politique de rénovation urbaine est susceptible de modifier les logiques à l’origine de ce clivage résidentiel. À partir d’une monographie de quartier, cet article souligne que, au lieu des classes moyennes attendues, les accédants à la propriété appartiennent aux fractions stables des classes populaires. Devenir propriétaire en cité HLM leur permet de connaître une petite mobilité résidentielle tout en préservant les liens familiaux et de proximité essentiels à leur équilibre domestique. Leur trajectoire et les efforts imposés par ce nouvel habitat les conduisent à investir intensément leur monde privé et à mettre à distance le quartier et ses habitants les moins « respectables ». Si la rénovation urbaine modifie le peuplement des cités en freinant les logiques centrifuges qui suscitaient jusque-là le départ des catégories stables, la cohabitation de celles-ci avec les plus précaires ne se traduit donc pas par leur rapprochement social.
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