Observer un collectif militant en milieu populaire

Faire du terrain, penser par cas
Par Julian Mischi
À partir surtout d’un travail de terrain mené auprès de syndicalistes cheminots, cette contribution traite de certains enjeux de la démarche ethnographique appliquée aux groupes militants. Alors que la socialisation militante est le plus souvent étudiée ex post, c’est-à-dire à partir d’entretiens au cours desquels les enquêtés reviennent sur leur parcours et leurs motivations, une telle démarche vise à saisir cette socialisation in situ, en observant les activités militantes sur plusieurs années. Néanmoins, la conduite d’entretiens et le travail documentaire s’avèrent essentiels pour prendre en compte les rapports de force qui encadrent les situations observées et inscrire les activités militantes dans leur configuration organisationnelle. La stratégie de recherche adoptée implique d’accepter le caractère en partie imprévisible de la construction du dispositif méthodologique. Elle offre aussi la possibilité, sous certaines conditions, de discuter de ses hypothèses de recherche avec les enquêtés devenus des alliés.
Voir l'article sur Cairn.info