Ce que le terrain peut faire à l'analyse des votes

Faire du terrain, penser par cas
Par Céline Braconnier
L’analyse électorale se nourrit surtout, aujourd’hui, de données de sondages atomistiques. Le modèle explicatif de l’électeur rationnel produisant ses votes seul à partir d’une étude de l’offre politique s’en trouve encore renforcé. En prenant appui sur des expériences de recherche par plans d’observation localisés, il s’agit ici de souligner l’intérêt scientifique que présente un retour au terrain pour comprendre plus en profondeur ce dont les votes sont faits. D’une part, l’étude de cas, par le cumul et le croisement de données variées dont la solidité est contrôlée, permet de dessiner des logiques fines de comportement dont d’autres enquêtes peuvent ensuite établir la distribution dans l’espace social. D’autre part, elle ménage une appréhension des électeurs dans leurs environnements – familiaux, amicaux, résidentiels – qui autorise l’analyse de la nature collective du vote. Les caractéristiques socio-démographiques des individus, leur parcours scolaire, professionnel, résidentiel, sont alors appréhendés comme des prédispositions incorporées à s’abstenir, à voter ou à le faire dans un certain sens dont le chercheur saisit l’actualisation dans des pratiques ou au contraire la neutralisation par les environnements. Faire du terrain conduit donc à penser le vote autrement.
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