Les résistances de la carte scolaire

Dossier. Politiques scolaires Coordonné par Frédéric Sawicki
Les limites du volontarisme politique dans l'action publique
Par Lorenzo Barrault-Stella
Cet article traite des résistances de la carte scolaire aux réformes introduites par les acteurs politiques, abordant plus généralement les conditions du changement et les limites du volontarisme des élus (nationaux et locaux) dans la conduite de l’action publique. Une analyse des débats liés à la décentralisation de 2004 et à la réforme de 2007, ainsi que l’étude de l’élaboration de la carte dans trois départements (à partir d’observations ethnographiques, d’entretiens et d’archives) permettent de saisir les ressorts du maintien contemporain de la sectorisation des collèges. La réforme de 2007 constitue une politique symbolique pour laquelle les gouvernants n’ont paradoxalement pas les moyens des ambitions affichées. La carte scolaire incombe aux Conseils généraux depuis 2004, et ceux qui tentent de la transformer sont limités par des contraintes techniques, par les effets d’inertie de l’instrument cartographique, et par la nécessité de négocier divers soutiens institutionnels pour légitimer leur intervention auprès des familles. Les résistances de la carte scolaire soulignent alors la limitation des possibilités de transformation politique de l’action publique.
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