La souveraineté est-elle privatisable ?

Dossier
La régulation des compagnies de sécurité privée comme renégociation des frontières de l'État
Par Cyril Magnon-pujo
À partir d’une analyse des régulations mises en œuvre depuis une décennie autour des activités de violence privée, cet article se propose de revenir sur l’apparent constat de privatisation de l’État. L’usage croissant des compagnies de sécurité privée par les États traduit en effet l’extension et la normalisation de logiques marchandes comme mode de gouvernement, y compris dans la conduite de la guerre. Cependant, les limites de ce marché de la sécurité et le développement conséquent de contrôles autour de cette activité commerciale invitent à infirmer la vision d’un simple retrait de l’État. L’émergence, en trois séquences, d’une régulation où l’État se réinvestit progressivement, permet alors de constater in fine sa respécification en tant qu’autorité légitime et souveraine, au cours de ce processus de sous-traitance de la violence et de son contrôle.
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