Relations occultes et fondements de la violence collective

Dossier : Observer les mobilisations
Par Javier Auyero, Matthew Mahler
Cet article examine les liens souvent invisibles, au sein de ce que nous appelons la zone grise politique, à la jonction entre les acteurs politiques officiels et non officiels, qui sont chargés du plus « sale boulot » politique dans l’Argentine contemporaine. Ce « sale boulot » prend des formes différentes, qui vont de l’incitation à des actions de violence collective aux « récompenses » en drogue et en alcool versés à des jeunes en rétribution de leur présence à des rassemblements politiques, en passant par la menace physique envers les candidats et membres des partis d’opposition. Après un bref passage en revue de la littérature existante sur les relations entre les liens politiques clandestins et la violence collective, cet article s’appuie sur une relecture ethnographique de données déjà existantes pour élaborer trois comptes rendus détaillés permettant d’éclairer le rôle joué par la zone grise dans la politique de l’Argentine contemporaine. Nous démontrerons que le « blanchiment » d’actes politiques à travers ces canaux clandestins constitue une dimension cruciale de la politique qui doit être empiriquement disséquée et théorisée afin de mieux comprendre l’activité politique conventionnelle au sens large, avant de conclure par une brève réflexion sur les implications analytiques et méthodologiques de ce type de problématique.
Voir l'article sur Cairn.info