Pourquoi il n'existe pas d'ethnographie de la citoyenneté

En débat
Par Nicolas Mariot
L’article part du constat que les rapports ordinaires à la vie politique n’ont qu’exceptionnellement fait l’objet d’enquêtes ethnographiques dans les démocraties occidentales. Pourquoi est-ce le cas ? La principale réponse que l’on peut donner renvoie à la prégnance de l’image idéale du « bon citoyen » : un individu qui régulièrement forge en lui-même ses propres opinions et valeurs à partir de ce qu’il entend et voit. Cette norme explique à la fois qu’on considère naturel d’interroger chacun sur le stock d’idées qu’il aurait en tête, et l’absence d’observation directe : comment voir des pensées sans interroger celui qui les possède ? Au final, on s’efforce de monter en quoi une approche ethnographique permettrait de rompre avec cette perspective, c’est-à-dire de rendre leurs places effectives à l’indifférence pour la politique comme à l’encastrement social de la participation.
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