La rage en France : vieux problème, nouvelle crise

Varia
Par Franck Foures
En août 2004 éclate pour la première fois une crise liée à l’introduction en France d’un chien enragé. De multiples événements similaires sont pourtant toujours restés confinés dans la sphère professionnelle. Pour éclairer la genèse de cette première crise de la rage, cet article montre comment cette transformation d’un « vieux problème public » en crise peut être interprétée comme le résultat d’une brusque renégociation du compromis historique tissé autour de la gestion de cette maladie. Les recompositions de la scène de la sécurité sanitaire qui précèdent la crise vont permettre aux organisations de la Santé de se repositionner au cœur d’un dispositif de gestion de la rage dont elles étaient restées en marge. La succession des événements sanitaires, canicule tout d’abord et alertes à la rage ensuite, en remodelant la perception des crises et en développant des savoirs spécifiques sur la rage vont parallèlement rendre pensable et possible la transformation d’une alerte à la rage en crise. Enfin, la confrontation de cadres d’action différents va contribuer à reconfigurer le regard et l’analyse du risque sur l’alerte d’août 2004 et ainsi radicaliser les mesures de gestion mises en œuvre. Aussi comprendre la crise de la rage d’août 2004 nécessite-t-il de la replacer à la fois au sein de l’histoire du problème public de la rage et au cœur des reconfigurations inhérentes à l’ensemble des crises sanitaires.
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