L'économie (très) politique du traité de Rome

Dossier  : L'Académie européenne
Par François Denord, Antoine Schwartz
Le traité de Rome, qui institue en 1957 la Communauté économique européenne (CEE), n’est pas neutre du point de vue idéologique. Il s’inspire, au contraire, d’une conception particulière de l’économie politique, le néo-libéralisme. Pour comprendre cette filiation, et la manière dont ce point de vue a trouvé à s’institutionnaliser dans le marché commun européen, l’article s’intéresse aux visions de l’économie des promoteurs de l’intégration européenne, depuis les années 1940 jusqu’à la période de négociation du traité. Il montre que son caractère néo-libéral provient de la préexistence d’un groupe situé aux espaces frontières, entre les univers académiques et administratifs, entre le national et l’international. Il décrit une série d’effets cliquets, qui induisent une réduction progressive de l’espace des pensables autour de la perspective d’une union douanière fondée sur l’économie de marché libre, ainsi que le contexte particulier dans lequel des dirigeants politiques parviennent à mener à bien ce projet.
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