Une frontière « négociée »

Dossier : État et illégalismes
L'assistance juridique associative aux étrangers placés en rétention administrative
Par Nicolas Fischer
À partir d’une série d’observations ethnographiques, cette contribution vise à éclairer le rôle des « intervenants » de l’association CIMADE, qui assurent aujourd’hui une présence quotidienne dans les centres de rétention administrative français. Dans ces lieux d’enfermement réservés aux étrangers en instance d’éloignement du territoire, les militants associatifs effectuent notamment un travail d’assistance juridique, en recevant les « retenus » pour un examen de leur situation. Cette activité de conseil juridique suppose une maîtrise et un usage stratégique du droit des étrangers, conçus dans une perspective militante : il s’agit de mobiliser la règle de droit pour contester légalement les mesures d’éloignement. Par leur usage différencié du droit, les intervenants contribuent toutefois également à la gestion différentielle de l’immigration irrégulière : chacune de leurs interventions auprès d’un retenu vient en effet réexaminer, déplacer, mais aussi réinstituer la « frontière » juridique et physique séparant les étrangers irréguliers des étrangers « régularisables ».
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