L'État face aux illégalismes

Dossier : État et illégalismes
Par Nicolas Fischer, Alexis Spire
Les contributions rassemblées dans ce numéro mettent en évidence la fécondité pour les sciences sociales de la notion de « gestion différentielle des illégalismes », proposée il y a trente ans par Michel Foucault. Elle est conçue ici avant tout comme une contribution aux sociologies contemporaines de l’action publique : dans un contexte d’accentuation de la contrainte étatique pesant sur certaines populations, elle invite à étudier l’application différentielle des normes juridiques par les fonctionnaires chargés de qualifier et de sanctionner l’illégalité, sans se cantonner aux acteurs de la seule sphère judiciaire. L’analyse de la mise en œuvre différenciée du droit suppose alors la prise en compte des dispositions et de l’ethos professionnel des agents de l’État. Mais elle implique également d’envisager la gestion des illégalismes comme un phénomène relationnel et collectif : l’action des fonctionnaires se déploie au sein d’arènes locales ou d’autres acteurs sont susceptibles de se saisir du droit pour en négocier l’application. Dans la même perspective, il est nécessaire de penser les pratiques de gestion des illégalismes et les pratiques illégales elles-mêmes comme mutuellement constitutives, en les analysant conjointement.
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