Mobilisations improbables et apprentissage d'un répertoire syndical

Dossier  : « Conflits au travail »
Par Annie Collovald, Lilian Mathieu
Une série d’obstacles (précarité des statuts, fort turn-over, répression patronale, conditions d’emploi défavorables, faible implantation syndicale et absence de tradition de lutte, etc.) contribuent à rendre sociologiquement improbables la mobilisation et la syndicalisation des salariés des secteurs flexibles et précaires. L’étude de grèves survenues dans deux commerces de biens culturels (une librairie d’art et un supermarché de la culture) permet de cerner dans quelles conditions ces obstacles peuvent être surmontés. Si les motifs du mécontentement des salariés sont à rechercher dans leurs trajectoires et dans la déception de leurs espoirs de valorisation de soi dans le travail, les ressorts de leur engagement tiennent à des dynamiques et des solidarités internes au collectif de travail. L’expérience, même douloureuse, de la grève ouvre à un apprentissage pratique de la lutte qui peut se trouver au principe de carrières syndicales.
Voir l'article sur Cairn.info