La politique sans le parti

La Primrose League et la culture politique britannique, 1883-1919
Par Philippe Vervaecke
Cet article analyse la position de la Primrose League, mouvement de masse conservateur de la fin du XIXe siècle, vis-à-vis des structures officielles du parti au niveau local et national. Après avoir établi comment la League a constitué un moyen de perpétuer le sentiment de déférence des populations à l’égard des élites sociales du parti, l’analyse montre l’importance de la notion d’indépendance partisane pour ce mouvement. Cette posture d’indépendance a permis aux élites traditionnelles du parti, en particulier l’aristocratie, de bénéficier des atouts d’une organisation de masse sans subir les entraves d’un parti de masse. En présentant la League comme une institution non-partisane, ses dirigeants ont pu suivre une politique de recrutement souple et légitimer les activités de la League, qu’il s’agisse de sociabilité festive ou d’éducation civique à destination des électeurs. Cependant, en période électorale, des tensions sont apparues entre les bénévoles de la League et les permanents du parti, qui sont parvenus à imposer un contrôle accru du parti sur la League. Le cas de la Primrose League illustre plus généralement les continuités dans la culture politique britannique au cours de cette période de transition, en particulier la célébration de la valeur d’indépendance en politique et la méfiance à l’égard des institutions partisanes et de la professionnalisation politique.
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