Parachutés et « hommes du cru »

Les réseaux des parlementaires socialistes dans la Saône- et-Loire de l'entre-deux-guerres
Par Bruno Dumons
L'histoire sociale des parlementaires français de la Troisième République a donné lieu, depuis une vingtaine d'années, à une série de travaux de recherches qui mettent en lumière l'émergence du processus de professionnalisation du « métier politique » au sein duquel s'observe le recours aux réseaux comme instrument de pouvoir et ressources politiques. Dans le cadre de ce processus historique qui débouche sur un recrutement plus ouvert et plus démocratique des élites politiques, les partis de gauche, et tout particulièrement les socialistes, ont ici joué un rôle indéniable. Ceux-ci se sont appuyés sur l'existence de véritables réseaux sur lesquels s'appuient leurs ancrages et leurs forces de mobilisation. Dès les années trente, la sociologie du parti socialiste SFIO se caractérise par un nombre croissant de fonctionnaires parmi ses membres, avec notamment les figures emblématiques de l'instituteur et du postier. Ici, le département de la Saône-et-Loire constitue un excellent observatoire pour interroger l'implantation du socialisme fiançais et les caractéristiques de ces nouvelles élites politiques qu'incarnent les parlementaires socialistes de l'entre-deux-guerres. Après avoir analysé les filières de recrutement, notamment professionnelles, des élus de Saône-et-Loire, leurs entrées différenciées en politique et leurs carrières, notre réflexion porte sur les réseaux et les itinéraires de ces élus, en se focalisant notamment sur les stratégies employées pour tenter de parvenir à un enracinement local durable qui emprunte pour certains les formes de la « notabilisation ».
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