Contours d'un réseau administratif « algérien » et construction d'une compétence en « affaires musulmanes »

Par Françoise de Barros
Français

Des membres d'un corps administratif spécifiquement lié à la colonisation de l'Algérie, les administrateurs des services civils d'Algérie, sont détachés en métropole au cours des années 1950 pour conseiller les préfets en matière « d'affaires musulmanes » dans les régions où les Algériens immigrent en nombre important. Ces « conseillers techniques en affaires musulmanes » construisent en métropole une compétence « musulmane » par la constitution d'un réseau administratif clos sur eux-mêmes, sur ceux qu'ils recrutent à la tête des associations spécialisées dont ils animent et contrôlent le travail au contact des Algériens, et sur ces derniers. La spécificité algérienne de leur compétence est entretenue à la fois par des retours en Algérie même et par divers lieux de formation : ceux où ils sont stagiaires et ceux où, au contraire, ils sont formateurs, se voyant ainsi reconnaître une compétence pour tout ce qui touche aux Algériens, et ce, jusqu'en 1965.