La noblesse d'État à l'épreuve de « l'Algérie » et de l'après 1962

Contribution à l'histoire d'une « cohorte algérienne » sans communauté de destins
Par Sylvain Laurens
Non seulement les fonctionnaires-gouvernants issus des grandes écoles et des grands corps « passés par l'Algérie » durant le conflit sont relativement peu nombreux mais, contrairement aux agents administratifs liés directement à l'administration coloniale, ils ne semblent pas s'inscrire après l'indépendance dans une véritable communauté de destins. Selon les corps et les niveaux hiérarchiques considérés, les recompositions en métropole nécessitent ici une analyse presque « sur mesure » tant la diversité des dispositions incorporées et les configurations d'arrivée sont multiples et ne cessent de révéler leur complexité. À travers l'exemple de la politique d'immigration, l'article montre néanmoins comment le passage par l'Algérie a pu, pour certains agents, être une ressource convertible dans d'autres espaces administratifs. Mais cette reconversion n'a pu s'opérer, dans ce cas précis, qu'au prix d'un travail visant pour ces derniers à faire valoir le besoin de leurs compétences d'une part « auprès » des responsables politiques et, d'autre part, « contre » des agents administratifs préétablis en charge de l'administration des étrangers.
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