Politisation et publicisation : les effets fragiles de la délibération en milieu populaire

Dossier  : Dispositifs participatifs
Par Marion Carrel
Ouvrir la boîte noire du fonctionnement de procédures participatives suppose d’inventer une ethnographie politique qui permette d’en mesurer les effets à la fois internes, sur les participants, et externes, sur la sphère publique. Une telle ethnographie, pratiquée à propos de dispositifs participatifs dans les quartiers d’habitat social, permet de tirer des enseignements sur les effets de la délibération et de les confronter aux théories. Il apparaît que la délibération en petit groupe, organisée en milieu populaire, loin de fabriquer du consensus et de reproduire les inégalités d’accès à la parole publique, peut engendrer des amorces de politisation et de publicisation de problèmes sociaux, de sorte qu’on puisse parler de « contre-pouvoir délibératif temporaire ». L’expérience s’avère cependant fragile et pose la question de la continuité de l’action collective enclenchée par l’activité délibérative.
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