Une convergence problématique

Les stratégies de légitimation de la « discrimination positive » dans l'enseignement supérieur aux États-Unis et en France
Par Daniel Sabbagh
Aux États-Unis, la « discrimination positive » (affirmative action) désigne un ensemble de mesures qui, dans le cadre de la répartition de certaines ressources rares, appliquent un traitement préférentiel aux membres de groupes ayant été soumis dans le passé à un régime juridique discriminatoire : les Noirs, les « Hispaniques », les femmes, les descendants des populations autochtones (Native Americans) et parfois les Asiatiques. En France, s’il existe également des politiques de discrimination positive, le principal critère opérationnel pour repérer les destinataires éventuels des programmes en question n’est pas la race – ni le sexe –, mais le lieu de résidence : les habitants d’une zone définie comme défavorisée sur un plan socio-économique seraient ainsi appelés à bénéficier indirectement des financements publics supplémentaires accordés à cette zone dans son ensemble. Toutefois, à l’automne 2001, le programme « Conventions Zep » mis en place par l’Institut d’études politiques de Paris, sans a priori remettre en cause le primat de la dimension territoriale de l’action publique à vocation compensatoire, a donné lieu à une controverse d’une ampleur inédite, qui fait en partie écho au débat américain sur la discrimination positive et donne à penser qu’il existe bien certaines similitudes entre les variantes états-unienne et française du dispositif – et les difficultés structurelles qu’elles soulèvent.
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