L'art du scandale

Indignation esthétique et sociologie des valeurs
Par Nathalie Heinich
La typologie des scandales dans les arts plastiques est fonction des différents paradigmes artistiques en vigueur – art classique, art moderne, art contemporain –, qui commandent les normes et les valeurs de sens commun. Ces paradigmes sont eux-mêmes fonction des régimes de valorisation : si le « régime de communauté » limite les possibilités de transgression, il les rend vulnérables à l’indignation scandalisée, tandis que le « régime de singularité », en normalisant les transgressions, les rend à la fois plus fréquentes et moins susceptibles de faire scandale – d’où la fréquence relative des « affaires » en art moderne et, surtout, contemporain. L’examen de quelques cas particulièrement significatifs permet de spécifier à la fois les conditions du scandale – types de transgressions, de valeurs transgressées, de contextes historiques et spatiaux – et ses effets. Ceux-ci ne peuvent toutefois se comprendre qu’en abandonnant les perspectives fonctionnaliste ou stratégique au profit d’une sociologie descriptive, pragmatique et empirique des valeurs.
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