Le scandale comme épreuve

Éléments de sociologie pragmatique
Par Damien de Blic, Cyril Lemieux
Parmi les travaux publiés depuis une vingtaine d’années au sujet des scandales, aussi bien en sociologie, en anthropologie et en histoire qu’en science politique, une voie se dégage, qui considère le scandale comme une épreuve à travers laquelle est réévalué collectivement l’attachement à des normes. Le présent article souligne en quoi envisager de cette façon les scandales conduit à être particulièrement attentif à leur force instituante ainsi qu’au fait que leur signification et leur portée « réelles », dépendant de la réaction collective qu’ils suscitent, ne sont jamais données à l’avance, ni entièrement prévisibles. Prenant au sérieux les raisons de s’indigner des acteurs, ce type d’approche a des implications importantes, que l’on détaille ici, sur la conception que le chercheur peut se faire du rôle joué dans les scandales par les calculs stratégiques, l’euphémisation de la violence, la séparation entre sphères d’activité ou encore, les médias de masse. On précise en outre pourquoi cette approche oblige le chercheur à une réflexivité de degré supérieur dans son rapport à l’objet.
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