Éléments pour une sociologie de l'exil

Par Smaïn Laacher
Est-on encore dans une sociologie de l’immigration quand les populations qui sont étudiées par cette discipline sont des personnes entrées illégalement sur le territoire national et vivent en situation irrégulière ? Il nous semble que bien plus que dans le champ de l’immigration ordinaire, c’est dans l’existence clandestine que se donne le plus explicitement à voir ce qui est national et ce qui ne l’est pas ; ce qu’est une frontière pour les uns et ce qui ne l’est pas pour les autres ; ce qu’est un État pour les uns et ce qui n’est qu’une expérience virtuelle ou purement conceptuelle pour d’autres, etc. C’est cette population de nulle part et de partout, sans nom ni place, devenue aujourd’hui plus que jamais un enjeu politique international majeur et une affaire exclusive de l’État, qui nous intéressera tout au long de ce texte.
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