De la « légalisation » de la violence en contexte colonial. Le régime de l'indigénat en question

Dossier : L'Etat colonial
Par Isabelle Merle
De la « légalisation » de la violence en contexte colonial. Le régime de l'indigénat en question Isabelle Merle En prenant appui sur une enquête en cours, cette contribution propose d'examiner à nouveaux frais ce qu'on a appelé le « régime de l'indigénat », pilier essentiel des politiques répressives menées par la France dans les colonies à l'encontre des populations assujetties. L'enjeu, ici, est d'éclairer de façon approfondie les contradictions que suscitent ce régime répressif en France métropolitaine ainsi que d'en analyser les modalités pratiques dans les différents territoires coloniaux, modalités extrêmement diversifiées et instables qui restent relativement méconnues. Afin de dépasser le registre des seules prescriptions, il s'est agi de mettre en lumière une « situation coloniale » singulière, celle de la Nouvelle-Calédonie, où le régime de l'indigénat a été appliqué localement dans toute sa rigueur jusqu'à 1946, sur une population Kanak particulièrement vulnérable, minoritaire et refoulée dans des réserves. A travers ce cas-limite, il s'agit d'apprécier concrètement les effets et les limites d'une « violence coloniale » telle qu'elle est organisée, au quotidien, par le régime de l'indigénat.
Voir l'article sur Persée